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18janv.

2013, année de transition

2012 est déjà dans nos rétroviseurs, 2013 s'avance. Voici l'occasion pour nous de tirer les principaux enseignements de l'année passée, et de tenter de scruter l'horizon qui s'ouvre devant nous.

2012, l'indétermination.

2012 a révélé que le monde était plus complexe qu'une simple convergence des intérêts mondiaux sur fond de liberté (au sens large: liberté de l'homme, libéralisation des flux et de l'économie). Les conséquences des révolutions de jasmins sont encore floues. Le dynamisme économique en Chine et plus généralement dans les pays émergents s’essouffle. La situation en Europe -mais aussi aux États-Unis; sur fond de crise budgétaire, est confuse.

Ainsi 2012 a apporté plus de questions que de réponses. Elle nous laisse cependant le sentiment que tout reste ouvert: la possibilité d'une reprise économique dans les pays occidentaux; le règlement pacifique des crises en Afrique sub-saharienne et au Moyen Orient.

Un recul de la gouvernance mondiale

2012 apporte selon nous un premier stigmate du monde de demain. D'abord nous notons un recul de la gouvernance mondiale. Aux Nations Unies mais aussi dans les domaines spécialisés comme l'internet, où le sommet de Dubaï a montré un clivage entre les pays. L’Union Européenne peine à voter un budget. Les grandes dynamiques d'intégration sont en perte de vitesses. En 2012,la problématique du droit des cyberconflit a été abordée dans le "Manuel de Tallinn", mais reste selon nous une tentative normative par l'Ontccident plus qu'un consensus général sur la question (qui aurait davantage sa place aux Nations Unies).

Comme les crises récentes le démontre (Lybie, Mali, ...) l’État reste le pivot central des initiatives de sécurité.

Physionomie des opérations militaires

Dans ce contexte, les opérations militaires ne subiront pas de révolutions. Les guerres de type asymétrique, et contre-insurectionnelles resteront la norme. Nous sommes convaincus que la probabilité extrêmement faible d'une guerre de haute intensité devrait porter d'emblée les armées occidentales vers un renforcement de la projection de puissance au meilleur coût. En effet celles-ci devrait être adaptées aux crises probables, car, comme on a pu le constater ces dix dernières années, la gamme d'outils occidentale, trop tournée vers la haute intensité, est inadaptée à la cible principale à traiter de cette décennie: le pick-up. Pour remplir ce contrat, il faudrait acquérir des vecteurs aériens adaptés au support des opérations au sol de type A10 et renforcer la capacité en hélicoptère de combat et de manœuvre.

La permanence devrait également être l'objet de toutes les intentions. En France, la capacité drone est indigente et il est urgent d'acquérir sur étagère un nombre de drones armés suffisants pour couvrir un théâtre d'opération.

Firemen Wip

2013, poursuite d'une transition vers une paix globale et l'instabilité locale

2013 nous rappelle à l'ordre, car après des réflexions sur la maritimisation, l'OTAN, la cyber-défense, nous voilà repartis dans une opération africaine, qui n'est pas sans rappeler l'opération Tacaud des années 70...

A cet égard l'année à venir nous confirmera peut être une réalité esquissée par Pierre Hasner d'une "nuit où toutes les guerres et toutes les paix sont grises". Le monde s'enfoncerait alors durablement dans ce que Frédéric Gros décrivait comme des "états de violences". Les armées occidentales avec l'aide d'acteurs locaux deviendraient alors des pompiers du monde, chargés d'éteindre ici ou là des incendies. La guerre totale, le choc inhumain et rangé de deux forces militaires, une antiquité.

Dès lors, la conflictualité entre les États se concentrerait dans la sphère cyber ou le soft-power, donnant raison à l’essai de Quiao Liang et Wang Xiangsin, la guerre hors limite. Nous ne pouvons écarter l'hypothèse selon laquelle dans un siècle, les historiens décriront notre siècle comme celui marquant la fin de la prépondérance de la chose militaire pour (re)distribuer les cartes de la puissance.